Bienvenue dans l’ère du Néolibéra-scisme
- 26 févr.
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Dernière mise à jour : 3 mars
L’objectif de cet article est de montrer la perversion d’un système qui ne vise que sa propre survie. Il est d’éclairer sur les orientations prises par le pouvoir avec le relais puissant des médias pour limiter la portée de toute opposition au système. Un système qui cherche à préserver les intérêts du capital et les privilèges des élites. Je souhaite montrer dans cet article comment les partisans du néolibéralisme au pouvoir actuellement en France et en Europe ont clairement utilisé les ressorts de l’autoritarisme pour imposer leurs idées et leur narratif.

Le Néolibéralisme Macroniste
Commençons par définir ce qu’est le libéralisme. Le Libéralisme est une doctrine favorable au développement des libertés : liberté politique, religieuse, économique et individuelle. D’un point de vue économique, le libéralisme met en place les conditions nécessaires (libre échange, circulation libre des biens, des capitaux et des personnes…) afin de stimuler la croissance économique et la création de richesses. Par essence, le libéralisme est opposé à ce que l’Etat régule le monde des affaires et il tend à libéraliser des secteurs encore subventionnés ou protégés par la puissance publique. L’État est ainsi limité à ses attributions régaliennes, principalement la sécurité, la justice et la diplomatie. On trouve écho de ce néolibéralisme dans la politique économique française de nos jours. La politique de l’offre, fondée sur un soutien massif aux entreprises par le biais de subventions, la mondialisation a tout crin et la baisse de la taxation des plus riches sont l’illustration d’un néolibéralisme assumé. Une politique qui a bénéficié aux puissants mais qui a laissé sur le carreau les plus modestes des citoyens français. Le néolibéralisme accentue les inégalités, les plus riches s’enrichissent et les plus pauvres se paupérisent.
Autoritarisme de la pensée : de la stigmatisation à la censure
La liberté d’entreprendre est donc un principe fondateur du libéralisme, et la liberté d’opinion son alter-ego dans le domaine des idées en est le prolongement naturel. Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté d'expression des individus dans le respect du droit, du pluralisme et du libre échange des idées. Une société qui prône le libéralisme économique devrait favoriser la circulation des idées. Pourtant, aujourd’hui, la liberté d’expression en France et plus largement en Europe Occidentale est malmenée. Dans le paysage médiatique français, largement concentré entre les mains d’hommes d’affaires proches des cercles de pouvoir, le débat d’idées se raréfie et les voix s’écartant de la ligne éditoriale dominante sont fréquemment marginalisées. Ceux qui vont à l’encontre du narratif institutionnalisé sortent de l’arc républicain, un concept dont on peine à comprendre les contours, quand d’autres sont simplement taxés de complotistes. Les fameuses « fausses opinions », lapsus de Clara Chappaz, ministre du numérique interviewée dans l'émission C Politique, dont il faudrait s'assurer qu'elles "soient sorties des plateformes", sont combattues, stigmatisées et discréditées. Quand la stigmatisation par l’accusation de « conspirationnisme » ne parvient plus à neutraliser une pensée dissidente, le pouvoir dispose encore d’un moyen plus radical pour en limiter la portée : la censure. En France, sous Macron, deux chaînes ont perdu leur agrément leur permettant de diffuser. On peut contester les choix éditoriaux de ces chaînes tv, mais quelles règles ont enfreint ces médias ? Celles de proposer un récit différent du pouvoir ? Dans un paysage médiatique uniformisé, les rares médias traditionnels gênants ont été mis au pas.
Vus sous l’angle de la liberté d’expression, les réseaux sociaux apparaissent aujourd’hui comme les derniers espaces ouverts de discussion, dernier havre ou les opinions s’expriment librement. Mais pour combien de temps ? La bataille qui se joue désormais est celle du contrôle des opinions et de la censure sur ces espaces de discussion. Les plateformes ont dans un premier temps subi des pressions gouvernementales. Mark Zuckerberg, patron de Meta, l’a lui-même avoué lors d’une commission diligentée par le Sénat : des contenus liés au Covid-19, très critiques envers la politique sanitaire ont été supprimés sous la pression de l’administration Biden (source Le Monde). Des conversations en France ont fait l'objet de « shadow ban », c’est à dire invisibilisées via un algorithme qui limite la portée des publications. C’est d’ailleurs ce que nous explique Claire Dilé, directrice des affaires publiques de la plateforme X : « quand un contenu enfreint nos règles, on va le désamplifier et empêcher les internautes d’engager avec ce dernier ». Certains comptes sont temporairement suspendus. Même politique d’invisibilisation chez Youtube. Au niveau Européen, l’application du DSA (Digital Service Act) en vigueur en Europe depuis 2023, facilite le retrait de certains contenus jugés « sensibles ». C’est notamment grâce aux signaleurs de confiance mandatés par l’ARCOM, instrument de régulation éminemment politique, que ces contenus peuvent être retirés et leurs auteurs exclus. La prochaine étape vers plus de contrôle des contenus est la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux. Votée par le parlement, elle entrera en vigueur le 1er septembre. Les contours de cette loi ne sont pas encore connus, notamment sur les aspects techniques, quid de l’identification (?), mais d’aucuns pensent qu’elle mettra fin à l’anonymat et permettra un traçage des discussions. Bienvenue dans l’ère de la pensée unique ou le débat n’est plus propice ou les faits deviennent des opinions et ou la censure fragilise un peu plus la vie démocratique.
Violences policières et atteintes à l’intégrité physique
S’opposer à des idées, chercher à en limiter la propagation et institutionnaliser la censure relève d’une dérive autoritaire, s’en prendre aux individus et recourir à la contrainte physique constitue une tout autre démarche. En matière d’utilisation de la violence par les forces du maintien de l’ordre, la ligne rouge a été franchie lors de la révolte des gilets jaunes (Source Off Investigation). Bilan de cette répression : 25 éborgnés, 5 mains arrachées et 2500 blessés sans oublier les 1700 blessés côté forces de l’ordre ! Jamais un mouvement n’a été réprimé aussi durement. C’est le point de bascule ou le droit a légitimé l’usage de la violence afin de décourager toute opposition. Depuis 2018, le mode répressif semble être érigé en standard du maintien de l’ordre ou la violence d’Etat, loin d’être marginale, est devenue structurelle. Aujourd'hui, on ne compte plus les manifestations pacifiques qui ont été réprimées à coups de matraque, de grenades de désencerclement et de tirs de LBD. La répression des mouvements sociaux plutôt pacifiques contre la réforme des retraites a été violente et systématique. Désormais, l’usage de la force contre les manifestants et le contrôle sévère des journalistes couvrant les manifestations sont devenus les instruments d’une nouvelle politique du maintien de l’ordre.
Restriction des libertés fondamentales
En 9 ans d’exercice du pouvoir, le « Macronisme » s’est transformé en un extrême-centre fondé sur un triptyque autoritaire : censurer les mots, briser les corps et enfermer les esprits. Le 17 mars 2020, Emmanuel Macron est en guerre contre le virus du Covid-19. Le président promulgue un confinement strict et total sur tout le territoire français. En peu de temps, les Français se familiarisent avec la fiche d’auto-attestation limitant les déplacements des citoyens français. A cette époque, fini les bains de soleil en bord de mer, le gouvernement invente les plages dynamiques, le café debout dans les bars, le port du masque en extérieur. Les français sont assignés à résidence, limités dans leurs déplacements. Durant le confinement la police a verbalisé 2 millions de citoyens pour non respect des règles. Une société nouvelle est née faite de privation des libertés fondamentales de se déplacer, de sortir, de voir ses anciens et d’honorer ses défunts. Personne n’oubliera le sort réservé aux soignants suspendus, privés d’emplois, sans salaire, n’étant pas autorisés à travailler mais ne bénéficiant pas non plus d’indemnités chômage. Ils ont été le symbole malgré eux de la violence d’Etat privant des individus de leur droit fondamental de travailler.
Vers une fascisation de l’extrême centre
On peut conclure, d’un point de vue théorique, que le néolibéralisme promeut une liberté d’action et d’expression, mais toujours à l’intérieur d’un cadre strictement délimité. Toute remise en cause du pouvoir au-delà de ces limites implicites conduit le système à activer des mécanismes de régulation et de contrainte pour préserver l’ordre établi et le récit dominant. Ces idéologues d’un néolibéralisme effréné, soucieux de libérer les énergies créatrices de valeur sont les mêmes qui font taire de façon autoritaire les individus qui s'opposent à leurs idées. Pour imposer leur vision, ils ont assumé le recours à la violence physique, au contrôle des discours et à la censure. Un triptyque qui rappelle malheureusement les régimes autocratiques du passé. Emmanuel Todd avec son regard acéré de sociologue sur la société Française le dit ouvertement dans QG Media: « La vraie extrême droite en France, ce n’est pas le RN, c’est le bloc central macroniste ». Un extrême centre dépositaire d’une nouvelle idéologie que l’on pourrait nommer le Néolibéra-scisme, la convergence du libéralisme et du fascisme. Une idéologie qui fait tout pour éviter que la seule vraie opposition radicale de gauche exerce le pouvoir de peur qu’elle s’attaque aux privilèges des élite en place. Une idéologie très amène vis à vis de l’extrême droite garante du statu quo. Certains aujourd’hui s’étonnent de voir le barrage républicain s’effriter. Mais à quoi bon vouloir empêcher le fascisme d’arriver au pouvoir alors qu’il infuse déjà notre société, conséquence de 9 années de Macronisme. Si l’extrême droite arrive au pouvoir en France en 2027, la responsabilité en reviendra aux néolibéraux qui n’ont eu de cesse de disqualifier la gauche radicale tout en légitimant le RN. Cette entreprise a été possible grâce au soutien des médias mainstream qui ont relayé la propagande d’Etat ad nauseam.
Si vous souhaitez être éclairé sur des sujets dont le débat est tabou sur les chaînes de tv traditionnelles, je vous invite à naviguer sur ces médias indépendants (liste non exhaustive) :
La presse étrangère (Die Welt en Allemagne, Le New-York Times, Le Washington Post, Le temps en Suisse)


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