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Les Médias en France : Propagande et Désinformation de Masse

  • 30 mai 2024
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 févr.

Dans un climat politique tendu où le gouvernement, de plus en plus contesté et impliqué dans de nombreuses affaires, porte atteinte aux libertés fondamentales telles que le droit de manifester, rares sont les voix qui s'élèvent pour dénoncer ces dérives. Les intellectuels se taisent, les voix discordantes sont snobées par les médias, lesquels se contentent d’informer de manière partiale et de donner la parole à des figures dociles répétant un discours pré-mâché. Les journalistes récitent leurs dépêches AFP dont le patron est un proche du pouvoir. La paresse éditoriale l’emporte sur le désir d’une information documentée, objective et impartiale. Et les lieux qui s’ouvrent au débat contradictoire se meurent. Une émission comme « Ce soir ou jamais » serait anachronique tant elle serait perçue de nos jours comme dérangeante. En dix ans, le paysage médiatique français s’est sclérosé. Les médias tels qu’on les a connus, pluralistes et ouverts n’existent plus vraiment, ils ont pour la plupart abandonné leur rôle essentiel d’investigation et sont même devenus des organes de communication au service de leur patron.





Des Médias partisans

Sur les crises majeures qui ont bouleversé nos sociétés ces 5 dernières années (covid19, invasion de l’Ukraine, conflit au Moyen-orient…) le manque d'objectivité et la partialité des médias sont indéniables créant des lignes de fracture entre ce qu'il est possible de dire et ce qui doit être invisibilisé.


Pourquoi aucun média n’a jamais investigué sur les 190.000 effets secondaires du vaccin ARN messager en France (source ANSM) ? Pourquoi, les journalistes Français n'ont jamais révélé les dessous des tractations d'un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie qui auraient pu mettre fin au conflit en avril 2022 (Source Die Welt) ? Il semblerait qu'il y ait des sujets dont on ne parle pas car ils pourraient ébranler les discours établis ! Et il y a dorénavant des humoristes ou des journalistes qu’on congédie pour ne pas avoir respecté le cahier des charges du récit !


En revanche, il y a des sujets sur lesquels les médias sont prolixes et où ils flirtent avec la désinformation : l’épisode Nordstream en est l’exemple très concret. A l'unanimité et sans aucune preuve, les médias ont désigné la Russie comme étant le commanditaire de la destruction du gazoduc Russe. Lorsque le très sérieux Washington Post a révélé qu’il s’agissait d’un commando Ukrainien à l’origine du sabotage, les mêmes médias français se sont fait bien discrets. Pas de démenti. Pas de mea culpa, trop tard, tout le monde était passé à autre chose. Bref, le sentiment que nos médias sont au service d'un narratif dicté par une politique éditoriale rigide, semblable à une ligne Maginot sacrée et infranchissable ne relève plus du ressenti mais de la réalité. Or, il est important pour un fonctionnement démocratique optimal de revenir à une clarté, une transparence, une pluralité et une impartialité de l’information pour permettre au citoyen de se faire sa propre opinion.

 


Une opposition de façade 

Il n'a échappé à personne que la concentration des grands médias français aux mains d'une poignée d'hommes d'affaires (Bernard Arnault, Xavier Niel, Rodolphe Saadé, la famille Bouygues...)  n'a probablement pas aidé à préserver l'indépendance et la diversité de l'information. Si aujourd'hui les médias se font le porte-voix des éléments de langage du gouvernement, c’est aussi parce qu’ils sont détenus par des milliardaires proches du pouvoir en place. La montée en puissance du conservateur Bolloré dans les médias français a bouleversé l’hégémonie en place. Deux visions s’opposent. D’un côté les médias de la bien-pensance de l’extrême centre, inclusifs, se disant tolérants et de l’autre le conservatisme chrétien de droite, souverainiste et anti-européen (difficile d’échapper aux clichés) des médias Bolloré.


Pourtant, cette confrontation de deux visions opposées de la société n’est elle pas factice ? Détenus par des milliardaires dont on peut supposer que l’objectif est de maintenir le système libéral en place, les médias, qu’ils soient de droite ou du centre partagent des intérêts communs. Ils n’ont aucun avantage à critiquer l’ordre établi. Ni d’ailleurs les chaînes publiques dont les patrons sont nommés par le pouvoir.


In fine, les vrais ennemis communs de ceux qui détiennent le pouvoir politique et financier sont ceux qui contestent l’ordre établi, ceux qui veulent changer le système et la société : gilets jaunes, écologistes radicaux, soignants indociles, gauchistes, insoumis, syndicalistes, alter-mondialistes. Ces derniers n'ont cessé d'essuyer les tirs groupés des médias à leur encontre dans un combat d'opinion malheureusement bien inégal. Les médias privés détenus par une poignée de grands argentiers français et publics en lien direct avec le pouvoir en place bénéficient d'une force de frappe médiatique colossale leur permettant de stigmatiser et de discréditer leurs adversaires lesquels sont tour à tour désignés comme insurectionistes, éco-terroristes, antivaxx, complotistes, islamo-gauchistes…


Même s’ils sont de nature et d’origine différentes, les blocs de l’extrême centre et de la droite conservatrice partagent une haine commune des anti-systèmes et des insoumis. Le bloc de la bien-pensance de l’extrême centre n’a de cesse de décrédibiliser une gauche qui serait sortie d’un « arc républicain » dont on a quelques difficultés à comprendre les contours. Tandis que le système Bolloré stigmatise une gauche radicale qualifiée «d’islamo-gauchiste » qui flirterait avec le communautarisme.



La stratégie du dénigrement

Ces stratégies de dénigrement sont efficaces parce qu’elles sont orchestrées minutieusement, relayées largement et exécutées avec zèle par des unités loyales, omniscientes et omniprésentes. Les médias offrent ces trois avantages : une ligne éditoriale claire, une audience captive sur les chaînes d’info en continu et des journalistes aux ordres.


C’est ainsi qu’on voit fleurir sur les plateaux TV, des bataillons de journalistes, spécialistes en tout et experts en rien, exposer leur avis dans la droite ligne d’une ligne partisane. Des nouveaux éditorialistes viennent côtoyer des figures plus anciennes qui font autorité. Raphael Enthoven, Caroline Fourest, Salma Shalmani aux cotés de Ruth Elkrief, Christophe Barbier, Alain Duhamel, BHL sont à la fois experts autoproclamés en géopolitique, en science, en médecine, en épidémiologie et en sondage. Ils ont en commun de partager la même vision du monde et d’être omniprésents favorisant ainsi un appauvrissement de la pensée faute de contradicteur. Et ils sont prompts à discréditer tous ceux qui ne partagent pas leur vision. Vous critiquez Netanyahou, vous êtes antisémite, vous parlez du non respect des accords de Minsk, vous êtes pro-poutine, vous évoquez les effets secondaires du vaccin contre le Covid, vous êtes antivaxx. Et vous accédez au rang de complotiste quand vous cumulez tout en même temps ;-).



Une crise de la confiance, de la démocratie et de la liberté d’expression

Le débat sur ces chaînes est absent et la nuance inexistante. L’absence de représentativité et de diversité des points de vue installent une uniformisation des discours parfois partisans. Les fact-checkers, censés être les gardiens de l'objectivité sont l’antichambre de la validation des points de vue dominants et le rôle sacré des médias qui est d'informer de manière impartiale et de nourrir un débat riche et varié, n’existe plus. Quand les médias partisans imposent leur vision de la société, dont le débat entre Attal et Bardella organisé sur une chaine publique en est l’illustration, ce sont la démocratie et la liberté d'expression qui en pâtissent. La confiance s’érode et les citoyens se tournent vers de nouvelles sources d’information pas toujours très fiables.


Cela nous invite à réfléchir sur l’importance de retrouver une démocratie saine et apaisée où les opinions diverses pourraient s’exprimer librement et équitablement. Heureusement, il existe aujourd'hui des alternatives médiatiques indépendantes et des moyens de renforcer la pluralité des voix dans le paysage médiatique français. Voici une sélection non-exhaustive de médias d’opinion indépendants qui mériteraient d’être plus connus :


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