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Emmanuel M'a Radicaliser !

  • 20 févr. 2022
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 févr. 2022

Lettre ouverte à Emmanuel Macron



Diplômé d’un Bac+4, marié, père de 3 enfants et propriétaire d’une maison dans une banlieue « bobo » du 93, je suis clairement l’archétype de l’électeur de LREM. Exerçant un métier au sein d’une « startup nation », et n’ayant pas de préoccupation pour boucler les fins de mois comme beaucoup de français, je suis financièrement autonome. J’ai un niveau de vie très confortable, j’ai confiance en l’avenir et j’ai une vision progressiste du monde dans lequel je vis. Je coche donc toutes les cases de l’électeur favorable à votre maintien au pouvoir. Et d’ailleurs, j’ai voté pour vous avec enthousiasme en 2017.

Mais vous confier un second mandat serait-il raisonnable ?


En 2017, en tant qu’électeur socialiste, j’ai cru en l'incarnation du renouveau d’une gauche rabougrie par un mandat décousu de François Hollande. J’ai, entre autre, cru à la théorie du ruissellement, à la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique de la France et à la formation tout au long de la vie professionnelle.


J’ai fermé les yeux ou plutôt les oreilles sur « le pognon de dingue », « les gens qui ne sont rien » ou encore « je vous trouve un travail en traversant la rue » qui témoignaient déjà à l’époque d’une condescendance à l’égard de la classe moyenne. Signe avant coureur de la façon dont les gilets jaunes seront traités plus tard.

J’ai timidement continué à vous soutenir pendant la crise des gilets jaunes. Mais j’ai été surpris de la façon dont les contingents de police ont fait usage de la force et du caractère d’exception devenu la norme.

Lors du remaniement, j’ai cru que le départ d’Edouard Philippe allait permettre une inflexion vers une politique plus « sociale ». J’ai malheureusement été crédule.


La crise du Covid-19, révélateur des dérives


Et puis, SARS-COV-2 est arrivé. Il a tout bouleversé. L’agenda politique, l’économie et la vie de millions de français.


Vous - la classe politique, les scientifiques et les médecins - nous avez fait peur. Je ne pense pas que vous l’ayez fait à dessein mais vous avez plongé la majorité des français dans l’effroi. J'ai respecté les règles, au début, puis je dois vous avouer que j’ai pris quelques libertés. Suite à une infection au Covid-19, je me suis fait vacciner pour bénéficier du passe sanitaire mais aujourd’hui je refuse qu’on m’administre une dose de rappel. Le contexte actuel ne s’y prête plus mais vous restez sourd à l’appel de millions de français et de certains de ses plus éminents scientifiques.


Le passe vaccinal a été le déclencheur de mon opposition frontale et totale à votre politique sanitaire et sociale. Il a aussi été le révélateur d’une vérité que je ne voulais pas voir. La vérité d’un homme éloigné des français, déconnecté des réalités et arc-bouté sur ces certitudes. Un homme qui méprise ses citoyens, les divise et les stigmatise. Un homme en qui je n’ai plus confiance pour construire un destin commun.


Alors, non il n’est pas raisonnable de vous renouveler ma confiance. Non, le 10 Avril, je ne voterai pas pour vous, pas plus que ma femme, ni mon fils et ni ma fille en âge de voter ne le feront. Quatre voix qui étaient pourtant destinées à grossir le contingent de ceux qui s’apprêtent à vous accorder leur confiance.

Mais surtout, je ne veux pas qu’on emmerde une partie des français, je préfère qu’on respecte la diversité de leurs opinions. Un président ne doit pas être uniquement l’homme d’un clan, d’un parti ou d’une catégorie d’individus. Il doit savoir rassembler, réconforter dans l'adversité et rassurer quand certains de ses compatriotes souffrent. Manifestement, cela vous est étranger.


Et non, je ne veux plus voir de policiers faire usage de la force contre des français qui manifestent paisiblement.

Enfin non, je ne veux pas de cette société qui infantilise et oblige les citoyens à présenter des QR Code pour permettre la libre circulation.


Aujourd’hui, je veux avoir le choix. Et mon choix sera de voter « utile » à gauche pour faire barrage à cette vision de la France où les devoirs des citoyens envers la nation seraient prédominants sur leurs droits. Cette France là, je vous la laisse.



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